Everything would be easier if we would all speak the same language

Il ne suffit qu’à payer un loyer pour pouvoir qualifier un endroit comme étant notre maison. Une notion traversée plusieurs fois au cours de nos voyages est celle de l’appartenance à un lieu « Where do you belong to? » Et avec cette facilité d’installation, de voyage et de transition au travers de diverses cultures, j’en suis venue à la conclusion que réduire notre attache à des lieux est justement très restrictive. J’aurais tendance à dire que nous appartenons à un cercle, un environnement, composé de personnes qui agissent comme des repères dans notre vie. Qu’ils soient géographiquement loins ou non n’a que peu d’importance.

La météo devient curieuse à Adélaïde, le vendredi il faudrait acheter une veste, tandis que le mardi il est possible de finir sa journée à la plage pour admirer le couché de soleil, qui a été avancé d’une heure.

Le temps se fait plus régulier et rapide, lancé dans une petite routine qui sent le café.

Les vraies rencontres deviennent plus ponctuelles au fur et à mesure que les sourires s’ enchaînent à la caisse.

Et les réflexions métaphysiques sont toujours grandes et nombreuses, augmentées par l’absence d’un Kiki qui campe en Tasmanie (ai-je précisé que l’hiver venait?) pour ses deux semaines de vacances universitaires. J’espère qu’il nous ramènera à tous de belles photos pour alimenter le blog!

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D’un point de vue plus rationnel, je travaille dans un café italien qui me permet de payer le loyer et de rembourser l’argent avancé par Kilian, mais nous sommes encore loin des promesses de richesse australiennes! Qui plus est, l’Italie donne bizarrement écho à mafia un peu partout, dans le sens où mon patron n’est pas tout à fait réglo comme on dit. Je suis donc à la recherche de quelque chose d’autre, dans l’ombre.
Kilian enchaîne les excursions pendant le temps libre de l’université comme dit ci dessus, il a également eu l’occasion de parcourir la Great Ocean Road (portion de route qui longe la côte, de Adélaïde à Melbourne) en van avec des copains de la fac.
Et last but not least, nous avons réservés nos billets d’avion retour! Grande arrivée prévue le 10 août!

Tictac, le temps passe, je me permets de vous dire « A très vite » 😉

Lombok la sauvage et retour à l’agitée Bali

Le trajet de Kuta Bali vers Lombok fut une épopée. A l’hôtel, on nous proposait une voiture jusqu’au ferry pour 200 000 rupiahs (150 000 rupiahs sont égales à 10 euros), « oulala mais c’est cher » nous disons nous, bien au courant que ce genre de transports sont sur-taxés et qu’en y allant en transports en commun, nous économiserons à coup sûr. Mais comme je le disais à la fin de l’article précédent, ceci n’est pas vrai pour l’Indonésie… Je passe les détails de la grosse galère (taxi car pas de bus comme par hasard, bouchons, fêtes sur la route à n’en plus finir car en Indonésie environ un jour sur deux est férié), qui nous a fait atterrir dans un port où nous étions seuls au monde et lessivés par la mousson, la nouvelle galère pour en sortir, la belle arnaque dans la voiture où comme par hasard nous avons rencontré un organisateur d’excursion pour le volcan que nous avions prévu de faire… Entubés de 500 000 rupiahs environ chacun, nous nous lancions dans le trek de trois jours du Volcan Rinjani dès le lendemain matin. OUF. Vous comprendrez peut être l’état de lassitude que toutes ces déconvenues nous a amené, peut être pas, je me dis souvent qu’il faut relativiser, car nous ne parlons que d’argent, et qu’au delà de ça, encore une fois, les paysages sont splendides et nous avons de la chance d’être là où nous sommes. Amen. Mais ce n’est pas aussi simple au quotidien, malheureusement! Nous sommes donc le vendredi 19 quand nous faisons connaissance de notre groupe de randonnée, de 11 personnes! Tous à peu près du même âge, nous avons eu, pour le coup, de la chance de faire cette excursion tous ensemble, dans la bonne humeur et l’entraide quand le temps se gâtait ou que certains manquaient de souffle. Pour la petite anecdote, un des anglais (sur les 3 de notre groupe) vivait l’an dernier à Birmingham, dans la rue juste derrière la mienne… Le monde est vraiment un petit endroit, n’est ce pas?… La première journée s’est déroulée en 6h de marche, avec une énoooorme averse pendant le pause déjeuner (nous étions heureusement abrités à ce moment là par un petit toit de tôle), la baisse des température nous a au départ inquiété, ça ne sonnait pas fort pour un volcan soit disant praticable pendant la saison des pluies. Mais bien heureusement, nous n’avons plus eu à subir une si forte perturbation par la suite. (Et le volcan a été déclaré impraticable le jour de la fin de notre trek, eh!) Nous avons même eu droit à un rayon de soleil quand nous sommes arrivés au premier campement

Un de mes plus beaux paysages

Un de mes plus beaux paysages

A l'horizon, les îles, et l'océan qui se fond avec le ciel

A l’horizon, les îles, et l’océan qui se fond avec le ciel

Le lendemain, après une matinée de marche tranquille avec arrêt dans les sources d’eau chaude, nous avons eu une après midi… Sportive! Une ascension très ardue pendant « seulement » 3h, dans la brume aux averses intermittentes, je dirais que ce fut le bout le moins agréable, bien que court, nous étions vraiment tous contents d’atteindre le campement en milieu d’après midi. Là haut, nous sommes parvenus à faire un feu pour nous réchauffer (ce à quoi nous avions échoué la veille, une petite victoire et un gros baume au coeur!).

Ca commençait comme une très bonne matinée, n'est ce pas?

Ca commençait comme une très bonne matinée, n’est ce pas?

Les couleurs des sources

Les couleurs des sources

Trop faciiiile

Trop faciiiile

Déjà récompensés d'un moindre effort!

Déjà récompensés d’un moindre effort!

La chaleur humaine, autour d'un feu.

La chaleur humaine, autour d’un feu.

Nous avons mangé très tôt et nous sommes couchés à 19h: le lever pour le sommet était fixé à 2h du matin! Un verre de thé et quelques biscuits avant d’enfiler la frontale et toutes les couches de vêtements possibles, et nous étions partis! Un premier tronçon d’un peu moins d’une heure « difficile », puis 2h30 d’un sentier « un peu moins difficile » pour finir avec l’ultime ascension d’une heure (dixit notre guide). Il faut s’imaginer qu’en Indonésie, ils ne raisonnent pas comme par chez nous, où nous enchaînons les petites boucles afin d’avoir un dénivelé progressif; chez eux, c’est tout droit! La pente n’est pas en soi un élément insurmontable, mais ce qui a rendu les choses vraiment pénible c’est le terrain: les deux parties « difficiles » se font sur des cendres. En gros, nous faisions 3 pas, pour en redescendre de 4 (ça tire dans les cuisses!!). L’effort ne fut pas sans récompense, tout le groupe s’est retrouvé au sommet pour une magnifique vue sur tout Lombok, les iles Gili et les volcans de Bali. La descente en courant fut lieu de photos et de franches rigolades, tellement fiers de nous nous étions! Noël approchant, nous avons eu des discussions sur les spécialités festives de chacun de nos pays, Maman, sache que j’ai vanté tes escargots jusqu’en Indonésie, que Papa fait les meilleures noix de Saint Jacques et que rien ne vaut les spätzles de ma Mamie!

Woupi woupi!

Woupi woupi!

Une belle photo de notre joli groupe!

Une belle photo de notre joli groupe!

L'ombre triangulaire, c'est l'ombre du volcan, impressionnant, non?!!

L’ombre triangulaire, c’est l’ombre du volcan, impressionnant, non?!!

Les plus beaux levés de soleil sont ceux aux sommets des montagnes

Les plus beaux levés de soleil sont ceux aux sommets des montagnes

Vous voyez la crête? C'est le chemin qu'on s'est avalé en pleine nuit!

Vous voyez la crête? C’est le chemin qu’on s’est avalé en pleine nuit!

Je pourrais vous mettre tellement plus de photos...

Je pourrais vous mettre tellement plus de photos…

Mention spéciale pour l’Indonésie: le Rinjani est un parc national, dont l’entrée revient très chère pour les touristes en comparaison des prix du pays. On vous donne à l’entrée une petite étiquette à accrocher à votre sac disant grosso modo « Ne laissez que vos empreintes de pas, ne prenez que des photos et n’utilisez que l’air frais »… Il est malheureux de constater que cet argent n’est visiblement pas utilisé pour la préservation du site qui ressemble à s’y méprendre à de nombreux endroits à une décharge publique.

Berk

Berk

Et re berk

Et re berk

Et malheureusement, ce n’est pas majoritairement du aux touristes (je pense qu’ils existent encore des cochons tout de même!) mais bien aux porteurs et aux guides (vu et confirmé) qui ne respectent ni leur emploi, ni leur beau pays. Il faut donc se rendre à l’évidence, l’argent du tourisme enrichi les agences plutôt que de parvenir à ces locaux qui n’ont pas l’emploi le plus facile du monde (euphémisme) ou simplement de développer un peu plus le pays. Cette pensée s’est vue confirmée quand notre guide, à la fin de notre trek, nous a demandé un pourboire à prix fixe pour les porteurs. Au delà du fait qu’un pourboire est censé être un acte volontaire et libre, cette démarche traduit bien un besoin d’augmenter leurs revenus par quelque moyen possible. C’est tout un système de corruption et d’inégalités qui est illustré ici, triste réalité Indonésienne. La prochaine étape de notre voyage fut les îles Gili, au nombre de trois. Nous décidons de suivre deux hollandaises de notre groupe de trekking sur Gili Air, l’île « moyenne », à priori ni trop touristique, ni trop calme. Effectivement, cette île fut un très bon compromis. Nous n’avons malheureusement pas de photos pour vous montrer les plages paradisiaques, sorties masque et tubas obligent (je ne me risque pas à laisser mon appareil photo sur la plage pendant que nous faisons des bulles avec les poissons 😉 )… Ces îles sont très réputées pour leurs fonds marins… Hélas, ce fut encore une petite déception pour nous (on sonne très exigeants comme ça, mais attendez la suite!), pas tellement pour la faune (on a tout de même vu une tortue!) mais plutôt pour la flore… Les indonésiens ne prennent pas en compte la pérennité de leurs ressources, c’est ainsi que des fonds marins magnifiques ont été ruinés par la pêche à la bombe, une méthode très simple et destructrice pour récupérer un maximum de poisson. Le profit, toujours le profit. Dégoutant, mais je me demande parfois si nous sommes trop intolérants ou si cela se vaut tout de même bien d’être révoltant. Les paysages restent paradisiaques à l’oeil, mais mettez l’orteil dans l’eau et vous constatez le cimetière de coraux qui git à vos pieds. Kilian est allé faire une plongée, pour voir plus loin, mais malheureusement, même constat. C’est toujours un peu comme ça dans ce pays, on vous sort un énorme bout de gâteau, mais vous vous rendez compte qu’en dessous il a été mangé par les vers… Disons que si l’on reste dans une quelconque infrastructure construite pour le tourisme (et il y en a des tas, presque que ça), l’Indonésie est un endroit magnifique et très abordable, mais il suffit de faire littéralement deux mètres pour découvrir une montagne de déchets, un lieu de gaspillage, ou encore un trafic à vous boucher les poumons. C’est donc un voyage qui nous apporte énormément de sentiments ambivalents, et je ne sais jamais sur quel pied danser. Ceci dit, je pense que nous avons aussi bien apprécié cette étape car nous avons réussi à marchander un bungalow très confortable pour un prix correct, avec aloe vera à foison dans le jardin pour soigner nos coups de soleil (la journée de surf à Kuta nous aura laissé des séquelles que nous avons trainé pendant deux semaines… Kilian avait des airs de lépreux, les hollandaises en ont tiré quelques bonnes blagues!). Pour Noël, nous sommes allés sur Gili Trawangan, la plus grosse des îles, très réputée pour ses fêtes. Nos amis suisses de Java étaient déjà sur place, c’était donc une très bonne occasion de fêter avec des têtes connues et appréciées! De plus, les hollandaises se rendaient là bas également, dans une villa qu’elles s’étaient louée pour l’occasion; petit cadeau de Noël d’elles mêmes à elles mêmes; et cadeau pour nous aussi puisque nous avons pu passer l’après midi dans leur piscine privée 😉 !

Une plage de Gili Trawangan

Une plage de Gili Trawangan

Nos amis suisses et Marine

Nos amis suisses et Marine

Les adorables hollandaises devant leur villa

Les adorables hollandaises devant leur villa

Le 24 au soir nous avons fêté Noël tous ensemble dans un restaurant, le lendemain ce fut la fête dans l’estomac de Kilian… Rien ne vaut les bons plats de Maman 😉 ! C’est donc avec un Kiki très mal au point que nous avons pris le bateau pour revenir sur Bali! Et comme pour nous dire que la vie marine surpasse la bêtise de l’être humain, des dauphins ont salués notre passage! Les îles si plébiscitées ont été d’un intérêt limité à nos yeux, contrairement à notre prochain arrêt: Amed. Une petite ville sur la côte nord est de Bali, pas très fréquentée, mais qui nous a montré de très beaux fonds marins, sur toile de sable noir (dues à l’activité volcanique du mont Agung tout proche). Bien qu’un peu tristes d’avoir laissé nos camarades de voyage, nous y avons passé trois jours avec un couple de français rencontrés sur le bateau, appréciant le calme et la beauté du lieu, en snorkeling ou en plongée pour Kilian. Ce coin est connu pour ces épaves de la seconde guerre mondiale, qui forment maintenant une très grosse maison à pleins de poissons et de coraux, là encore, ça faisait plaisir de voir comment la nature reprend ses droits! J’arrête cet article au 26 décembre, date à laquelle nous sommes partis pour Ubud. C’est aussi la date du Noël familial chez moi, que je n’avais jamais loupé jusqu’ici. J’ai eu une très grosse pensée pour toute ma famille, mais aussi pour celle de Kilian (que nous avons eu la chance d’apercevoir rapidement sur skype, malgré une connexion… Inqualifiable!) et pour nos amis. Il était un peu triste d’être loin de vous tous pour ces fêtes, il faut le dire, mais nous apprécierons d’autant plus le Noël 2015!

“Your beliefs become your thoughts, Your thoughts become your words, Your words become your actions, Your actions become your habits, Your habits become your values, Your values become your destiny.” Mahatma Gandhi

J’ai fêté mes 22 printemps en Thaïlande! Beaucoup de gentils messages, un dîner gargantuesque préparé par une « mama thaï », un hamac offert par Matthieu et Mook, et des trombes d’eaux auront marqués cette journée 🙂


Nous avons occupé notre dernier week end à visiter une grotte, qui, selon la légende, aurait servie de lieu de trépas au dernier roi de la dynastie précédant l’actuelle. Ses ossements sont d’ailleurs disséminés un peu partout. Au delà de ça, il y avait un temple, des moines (dont un qui parlait un très bon anglais, nous avons appris qu’il était rentré dans les ordres seulement 3 ans plus tôt, après avoir passé les premières années de sa vie à être guide touristique sur une des îles les plus visitées de Thaïlande), et tous les objets de cultes rapportés au bouddhisme. Parmi eux, bien entendu, des représentations de Bouddha; Mook m’a expliqué qu’il y avait 8 différentes représentations de Bouddha, se rapportant chacune à un jour de la semaine (le mercredi étant divisé en deux séquences temporelles, pour une raison que j’ignore et que je n’ai su trouver, si quelqu’un est renseigné, qu’il se manifeste!). Les thaï vénèrent donc la représentation correspondant au jour de leur naissance. Chacune possède une signification et celle ci semblerait affecter la personne née ce jour là (Matthieu, Kilian et moi avons du remonter un calendrier pour connaître notre jour de naissance, ce qui a interloqué Mook et son amie Kan). Après quelques recherches, j’ai appris que ces diverses représentations figuraient le cheminement de Bouddha vers l’illumination. Si plus d’intérêt -> [clic] (Moi je suis née un vendredi, et vous 😉 ? )

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"Les mille marches du Roi"

« Les mille marches du Roi »

Bouddha au fond de la grotte

Bouddha au fond de la grotte

Il est à noter que, depuis mon anniversaire et jusqu’au lundi matin, la mousson n’a quasiment pas cessé, rendant toute sortie aventureuse…

Un pont recouvert par l'eau

Un pont recouvert par l’eau

C’est ainsi que dimanche, à peine arrivés à la plage et après quelques équilibres (je m’y suis mise aussi!), nous avons vu se dessiner des masses noires sur tout l’horizon, nous poussant à décamper vite fait (malheureusement pas assez vite…)! Ce dimanche a également été marqué par des repas typés occidentaux, pourtant cuisinés par une thaï, j’ai nommé pizzas et spaghettis bolonaises!
Avec Kilian nous nous sommes également chargés de la réservation de notre billet Indonésie – Australie, que j’aurais aimé vous annoncer à cours de phrases exclamatives marquant un enjouement évident, mais nous craignons un tantinet l’arnaque, affaire à suivre très vite!…

Pour les petites anecdotes que j’ai pu apprendre lors du dernier cours avec mon deuxième groupe, la lecture de 1984 de George Orwell est interdite en Thaïlande, ainsi que l’accès au Guardian, quotidien anglais consultable via Internet.
Nous avons appris ces dernières semaines que la Thaïlande était, comme vous l’aurez compris, marquée par la corruption et la censure; en effet, l’une des raisons pour laquelle ce pays ne fait pas partie de la Charte des Droits de l’Homme est que, si un citoyen thaï critique le Roi en public, il peut être arrêté immédiatement et mis en prison sans aucun jugement.
La semaine dernière, 5 étudiants ont été arrêtés dans le Nord de la Thaïlande après avoir brandi trois doigts en l’air lors du discours du premier ministre actuel, acteur du coup d’Etat de Mai dernier. Ce geste est repris de la saga « Hunger Games » qui symbolise dans le film une opposition à un gouvernement totalitaire [clic]. Quelques jours avant cet évènement, cette fois-ci à Bangkok, d’autres étudiants avaient achetés 100 tickets de cinéma pour visionner l’un des volets du film et les distribuaient gratuitement dans la rue; avant que la séance soit annulée par les forces de l’ordre. J’ai été tellement impressionnée de ce parallèle entre fiction et réalité; si vous avez vu le film, peut être que vous éprouverez les mêmes sentiments… Malgré les autres voyages que nous avons pu faire avec Kilian, ou que j’ai pu faire seule, je pense que c’est la première fois que je ressens et approche à ce point une culture étrangère. Et j’en suis plus qu’heureuse!

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Le compte à rebours est lancé, nous partons vendredi pour Bangkok, avant de nous envoler mardi prochain pour Hong Kong. A très vite, sous de nouvelles latitudes 😉

 

 

Generosity is a worldwide concept

La fin d’une époque amène à prendre du recul sur ce que l’on a vécu. Objectivement, cela ne fait que deux mois que je suis en Thaïlande. Subjectivement, j’ai fait énormément de rencontres qui m’ont profondément marquées. Je ne saurais expliquer pourquoi ce fut si fort, peut être parce que tout est ici si différent de mon « connu »? Il faut dire aussi que pour le moment, en Asie, un blanc se sentira partout où il ira comme « étranger ». Ce n’est pas comme en Europe où la différence de couleur de peau est commune. Cela m’a marqué lorsqu’un jour j’ai croisé un blanc, et que j’ai eu la même réaction que les thaïs. Il a fallu se rendre à l’évidence, nous faisons vraiment tâche!

J’ai donc été touchée, au milieu de cette diversité, par des valeurs universelles. Une majorité de gens fonctionnent par stéréotypes. Je pense en faire partie également, mais de moins en moins. Je vais surement me répéter, mais je pense que le voyage permet définitivement une ouverture d’esprit. On se rend compte que finalement, malgré des différences d’évolution culturelles, nous restons tous des êtres humains, et sommes par conséquent, tous pareils.

Mercredi, un de mes groupes d’élèves m’a fait la surprise de m’offrir un bracelet typique thaï, puis ils nous ont invité au restaurant Matthieu, Kilian et moi. Pour le coup je me suis sentie coupable de leur avoir fait vivre une lourde séance de grammaire juste avant 😛 ! Ils ont eu le droit à quelques crêpes cuisinées par mes soins pour notre dernière séance officielle, vendredi dernier.

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Teacher Dany! (oui, "Aurore" est juste imprononçable ici :) )

Teacher Dany! (oui, « Aurore » est juste imprononçable ici 🙂 )

Ces mêmes élèves qui me terrorisaient au départ, mais qui ont toujours été si souriants, si avenants, malgré la barrière de la langue évidente entre eux et moi; ont simplement fait preuve d’humanité. Et je ne sais comment exprimer à quel point j’aime l’humanité.

Je parlais également des cadeaux de Sina dans mon précédent article, nous avons choisi d’accrocher une tortue au bracelet, symbole de ce dernier week end passé ensemble sur l’île aux tortues. Nous avons eu peu de discussions, mais avons échangé beaucoup. C’est aussi une caractéristique du voyage que j’ai déjà pu remarquer: certaines relations, parce qu’elles sont vouées à être courtes, en sont d’autant plus intenses.

Dans mon autre groupe d’élèves, Noushy a parcouru Chang Mai pour me trouver des sacoches que je cherchais désespérément, et a insisté pour me les offrir à son retour, accompagné d’un petit porte-clé.

La sainte banane du routard

La sainte banane du routard

Vous faire une liste matérielle ne sera jamais assez expressive pour vous transmettre toute la bonté que j’ai ressentie de la part de ces personnes. Et ce ne sont que quelques noms parmi tant d’autres…

Tout cela sonne très sentimentaliste, et certainement aussi un peu idéaliste; alors oui, il y a eu des moments un peu moins plaisants ou enjoués, mais je pense que le positif annule le négatif; et ce sont des sentiments forts comme ceux que j’ai essayé de vous faire passer ici qui emplisse mon coeur pour la fin de cet épisode thaïlandais.

Hâte de voir la suite, et de profiter de ces deux dernières semaines 😉


Vendredi dernier a aussi marqué la fin du stage pour Kilian et Matthieu puisqu’ils ont présenté l’avancement final de leur projet. Costume et powerpoint, très professionnel!

A l'écoute de Docteur Kiki en compagnie d'un "cha yen" (ice tea)

A l’écoute de Docteur Kiki en compagnie d’un « cha yen » (ice tea)

Après ça, nous sommes partis Kilian et moi rejoindre Ain, Wardi et Sarah, une irlandaise, pour nous rendre à Trang [clic] sur la côté Ouest de la Thaïlande. Cet endroit est réputé pour ses spots de snorkelling et une fameuse « Emerald Cave » (la grotte Emeraude), plage au milieu d’un rocher, à laquelle on accède par un tunnel de 80 mètres, à la nage, dans le noir, inatteignable à marée haute.

Emerald cave, image google

Emerald cave, image google

 

Nous sommes en ce moment dans ce qu’on pourrait appeler la saison touristique asiatique, nous étions donc les seuls occidentaux sur notre bateau, et avons pu observer les touristes chinois notamment, totalement excités, amusés, ou effrayés, par le moindre détail. Le fait de savoir nager n’est pas très répandu en Asie, ils étaient donc nombreux à barboter en snorkelling avec leurs gilets de sauvetage, s’accrochant aux guides et aux bouées de sauvetage, ambiance particulière!

Et une attraction à touriste, une :-)

Et une attraction à touriste, une 🙂

Pour la petite anecdote, nous nous trouvions tout prêt de Koh Lanta, l’île sur laquelle a été tournée la première saison de notre fameux jeu télévisé français.
Cette excursion nous a mené dans des coins fantastiques pour l’observation de la faune et la flore marine, pas peureux du tout, nous nous sommes retrouvés encerclés de nombreux bancs de poissons, Kilian s’est entraîné à l’apnée, activité qui le passionne, et j’ai vaincu mes appréhensions pour le suivre dans les profondeurs des récifs, sans regret!

IMG_5346Rincés et fatigués, nous avons voulu reprendre directement le bus de Trang pour Nakkon, mais arrivés à la gare de bus, nous avons appris que la circulation était terminée… A 17h30. Quelques coups de fils et négociations plus tard, nous avons pu rentrer chez nous, dans trois voitures différentes, à 4 sur la banquette arrière, avec 2h de trajet en plus que le temps usuel. Fatigués, mais satisfaits!

Ain et Wardi, les sourires d'Indonésie!

Ain et Wardi, les sourires d’Indonésie!

C’est à priori le dernier week end-excursion thaï que je vous présenterais sur ce blog, le professeur français responsable de Kilian et Matthieu arrive jeudi et passera le week end avec nous. Aucune idée du programme à venir, puis viendront les derniers préparatifs au départ, avant de prendre l’avion pour Bangkok le vendredi 28 novembre, vers de nouvelles aventures!

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« Same, same, but different »

Ce début de semaine me donne l’occasion d’un nouvel article pour que vous ne perdiez pas le fil (et moi non plus d’ailleurs!).
Le week end dernier, nous sommes allés à la plage près de chez nous pour y faire de la slackline. Nous habitons près de la côté (si tu as cliqué sur mes petits liens google map, tu vois de quoi je parle!) et avons donc une belle longueur de plage à notre disposition. Celle où nous sommes allés samedi dernier nous a malheureusement marqué par sa pollution, notable en Thaïlande, malgré plusieurs poubelles, les gens n’ont pas encore le réflexe de ne pas jeter leurs détritus par terre. Ce qui n’a pas empêché 4 petits téméraires à venir essayer la slackline pieds nus! Peu de conversation (forcément, ils ne parlaient pas anglais), beaucoup de timidité, mais aussi beaucoup de rires quand il s’agissait de tenir sur la slack ou de faire valdinguer Matthieu!

Ultra timides, mais aussi ultras photogéniques ;-)

Ultra timides, mais aussi ultras photogéniques 😉

 

Qui fera tomber le grand blanc poilu?

Qui fera tomber le grand blanc poilu?

 

Le dimanche matin, nous sommes partis avec nos amis Indonésien, Ain et Wardi, vers de nouvelles chutes d’eau (vous l’aurez compris, il y en a moult dans la région!). La pollution de la plage de la vieille m’avait dissuadé de me baigner, j’ai donc grandement apprécié l’eau rafraîchissante (ce n’est pas le cas de la mer) des chutes!

 

Et on paie des fortunes pour reconstituer ça ailleurs.

Et on paie des fortunes pour reconstituer ça ailleurs.

 

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Tarzan dans son élément

 

Le dimanche soir, nous avons tous assisté à l’élection de Miss and Mister Walailak; un concours de beauté et de talent organisé par l’université, où chaque faculté présentait une fille et un garçon. Ce fut intéressant dans le sens où nous avons pu observer la mentalité thaï: les filles qui hurlaient à la vue d’un jeune homme, beaucoup de mise en scène de scènes d’amour idéalisées (hurlements bis), des danses très provocantes effectués par les jeunes hommes, tandis que les jeunes filles proposaient beaucoup de danses traditionnelles thaï, costumes et drapeaux thaï à l’appui.
Ce fut le show le plus long de notre vie, celui ci a commencé à 18h, et nous avons finalement quitté la salle à 1h du matin (!!!) alors que le verdict n’avait pas encore été rendu…

Présentation des candidats en tenue de gala

Présentation des candidats en tenue de gala

Les thaïs ne sont généralement pas pressés (« In occident, you got the hour, but you don’t got the time » en occident, vous avez l’heure, mais vous n’avez pas le temps), et possède une culture du « tout va bien ». Il est courant pour eux d’arriver à des rendez-vous avec plusieurs dizaines de minutes de retard (j’en ai fait l’expérience pendant mes cours). C’est justement lors d’un de ces cours que mes élèves m’ont expliqué leur vision des choses par rapport à ce « problème ». Selon eux, la Thaïlande n’a jamais subit de guerre, ce qu’il fait qu’ils sont insouciant par rapport à… A peu près tout.
La culture de ce pays est très particulière par rapport au reste de l’Asie (bien qu’en Occident on ait tendance à tout mettre sous le label « asiatique » sans grosse distinction; ce qui est assez drôle, car si on réfléchi à deux fois, Allemagne et France font partie de la même « zone » géographique, sans avoir beaucoup en commun!).
Ils n’ont également pas été colonisés, fait rare; ils sont entourés de pays l’ayant été, soit par notre chère nation, soit par nos voisins british (ce qui leur a, au passage, grignoté tour à tour des petits bouts de territoire à chaque frontière). Pourquoi ce traitement particulier? Durant cette période de l’Histoire (les guerres mondiales et la colonisation, donc) la Thaïlande était gouvernée par le 5ème roi de la dynastie actuelle (aujourd’hui ils en sont au 9ème), aussi connu sous le nom du « Great King » (comprenez « Le Grand Roi ») qui s’est battu pour l’indépendance et l’authenticité de son pays en s’opposant aux pressions mondiales.
Les thaïs gardent une profonde affection pour ce Roi (on comprendra pourquoi) et célèbre chaque année l’anniversaire de sa mort (qui nous a valu un jour férié jeudi dernier!). De manière générale, les thaïs affectionnent énormément leurs souverains. Pour la petite anecdote, une de mes élèves m’a dit l’autre jour en classe que le Roi était « tel un père pour elle », cela vous donne une petite idée.

Pour revenir à cette soirée culturellement instructive, nous sommes partis juste après le show des ladyboys. Késako? Les ladyboys sont des transsexuels, totalement communs en Thaïlande. J’ai voulu en savoir plus à leur sujet, j’ai donc demandé à mes élèves de m’expliquer leur vision du transgenre. Globalement, les ladyboys sont acceptés, considérés comme un 3ème genre; si certains peuvent ne pas les apprécier, il n’y a, à priori, pas de mouvement s’opposant à leur existence, juste de l’indifférence. Ils seront donc moins acceptés dans certaines sphères mais ne subissent pas d’hostilité virulente.
Cela s’explique par deux faits, à ce que j’ai pu comprendre. Premièrement, des ladyboys occupent des positions importantes dans la sociétés thaïs (rédacteur en chef de magazine, chef d’entreprises, …), ils sont donc reconnus pour leurs capacités et non pour leur genre particulier (mes élèves ont d’ailleurs appuyé sur le fait que les ladyboys étaient généralement des étudiants bien plus appliqués, car, selon elles, ils ont le sentiment de devoir faire leurs preuves). Deuxièmement, une élève m’a fait part d’un mythe d’Asie du Sud-Est (non lié au bouddhisme ou à une autre religion), selon laquelle les ladyboys sont considérés comme des incarnations de la divinité sur Terre (leur présence fut également forte en Indonésie, avant l’Islamisation de ce pays), ce qui a du amener une tolérance « naturelle ».

Célèbre transsexuel thaï

Célèbre transsexuel thaï

Je pense que ces réflexions peuvent en amener de nouvelles, comme la relation entre la tradition religieuse d’un pays et son rapport au transgenre. Je vous laisse imaginer une situation thaï dans une société française, ça m’a déjà donné matière à penser! Libre à chacun de se faire sa propre réflexion 😉 !